
Le laboratoire de tout grand scientifique est immanquablement rempli d’assistants. Ce sont eux qui mélangent des produits chimiques jusqu’à ce que les éprouvettes se mettent à fumer, dissèquent des cervelles d’escargots ou apprennent à parler à un androïde. On les appelle techniciens de laboratoire. Ils savent doser les liquides explosifs, manier le scalpel et transmettre des directives complexes à un robot. Sans eux, pas d’expériences, pas de découvertes scientifiques !
Tout comme les scientifiques, les professionnels du système judiciaire ont besoin de l’assistance. Les parajuristes font bénéficier les avocats et leurs clients de leur expertise en représentation, en recherche, en rédaction et en gestion de dossiers.
Pour en savoir plus sur le travail des parajuristes, parcours la fiche suivante.
Tout comme les techniciens en informatique savent concevoir des programmes informatiques, les parajuristes possèdent des connaissances et des habiletés qui les rendent indispensables dans leur domaine. Les personnes qu’ils assistent profitent grandement de leur maîtrise de certaines techniques, notamment en matière de représentation, conseil, recherche, gestion des dossiers et rédaction juridique.
Croyais-tu vraiment que seuls les avocats ont le droit de donner des conseils juridiques et de représenter leurs clients devant le tribunal ? Effectivement, dans certaines provinces, telles que l’Ontario, les parajuristes fournissent des avis juridiques et ils peuvent même te représenter devant le tribunal. Remarque que ce n’est pas le cas de tous les parajuristes. Par exemple, au Manitoba, en Alberta et au Nouveau-Brunswick, les parajuristes n’ont pas le mandat de représenter leurs propres clients ni de faire des représentations devant le tribunal. En Colombie-Britannique un comité de la société du barreau est à étudier cette question.
Tu l’auras sûrement deviné, les parajuristes qui oeuvrent dans une province qui leur permet de représenter leurs propres clients sont limités dans les domaines qu’ils peuvent exercer et les tribunaux devant lesquels ils peuvent plaider. Par exemple, ils peuvent te représenter à la Cour des petites créances (cour dont le montant des réclamations est de 25 000$ et moins selon ta province) et même te défendre d’une accusation pénale lorsque l’infraction est parmi les moins graves. Par contre, il leur est interdit de représenter quelqu’un devant le tribunal de la famille. Pour en savoir plus sur les domaines dans lesquels ils peuvent exercer en Ontario, consulte le site du Barreau du Haut-Canada.
Les parajuristes peuvent te donner des conseils juridiques et vous aider dans vos négociations.
En Ontario, puisqu’ils ont le droit de représenter des clients et d’offrir des conseils juridiques, les parajuristes doivent avoir une assurance responsabilité civile. De plus, ils sont tenus de se conformer à un code de déontologie.
La recherche est un élément primordial du travail des juristes. Certaines personnes croient que les juristes connaissent par cœur toutes les lois du pays et qu’ils peuvent défendre n’importe quelle cause devant n’importe quel tribunal sans trop de préparation. Rien n’est plus faux ! À moins qu’un avocat ne soit extrêmement spécialisé dans son domaine, chaque nouvelle cause demande de la recherche de sa part et de celle de son équipe.
Par exemple, lorsqu’un client veut se défendre contre une personne qui l’accuse d’avoir publié un article diffamatoire à son sujet, l’avocat, en plus de devoir élaborer une stratégie de défense, a beaucoup de recherches à effectuer. Le parajuriste doit effectuer des recherches afin de bien représenter ses clients ou d’assister un avocat pour lequel il travaille. Il doit alors notamment :
Il doit par ailleurs maîtriser l’utilisation de :
Si tu as déjà eu l’occasion de passer près d’un palais de justice, tu as sûrement aperçu des avocats pressés transportant housses à toge et lourdes mallettes. Les documents et dossiers que renferment ces mallettes contiennent la preuve et les arguments que les avocats ont préparés avec l’aide de leur équipe et qui vont leur permettre de défendre leur cause.
En effet, pour l’élaboration de ces dossiers, les avocats se fient souvent aux parajuristes. Qu’ils travaillent à leur propre compte ou bien pour un avocat, les parajuristes doivent donc posséder les connaissances nécessaires pour procéder à l’ouverture et au suivi des dossiers, pour préparer des documents juridiques et pour réunir des preuves documentaires.
Comme tu as déjà pu t’en rendre compte, le travail juridique nécessite l’utilisation de beaucoup de papier. Les parajuristes doivent non seulement rechercher et classer des documents, mais également en rédiger. Selon leur spécialisation ou la spécialisation de l’avocat qu’ils assistent, ils peuvent avoir à rédiger des documents suivants :
Les parajuristes travaillent dans les cabinets d’avocats, les palais de justice, les cliniques juridiques, les institutions financières, les gouvernements fédéral, provinciaux ou municipaux, les contentieux d’entreprise (service qui s’occupe des affaires juridiques) ainsi qu’à leur compte. Ça fait beaucoup de possibilités !
Évidemment, dans chacun de ces milieux, le travail qu’effectuent les parajuristes peut varier. Cependant, leurs tâches s’inscrivent toujours dans les volets décrits précédemment : représentation, conseil, recherche, gestion de dossiers et rédaction.
Depuis le mois de mai 2007, les parajuristes de l’Ontario sont réglementés par le Barreau du Haut-Canada. Les premiers permis de parajuristes seront décernés au printemps 2008.
Pour devenir parajuriste en Ontario, tu devras donc obtenir un permis et ce permis sera octroyé seulement une fois que tu auras réussi un examen d’admission composé de questions à choix multiple sur les domaines généraux des services juridiques. Avant même d’écrire l’examen, tu devras avoir complété des études collégiales. Le Barreau du Haut-Canada n’a pas encore agréé les établissements postsecondaires qui pourront offrir cette formation, mais il s’attend à ce que des établissements puissent commencer à offrir des programmes agrées à compter de septembre 2008. Pour en savoir plus sur les parajuristes en Ontario et obtenir une mise à jour en ce qui a trait aux établissements qui offriront la formation requise, consulte le site web du Barreau du Haut-Canada.
Pour ce qui est de la formation requise pour devenir parajuriste au Manitoba en Alberta et en Colombie-Britannique, il s’agit d’un cours collégial disponible en anglais seulement. (Pour la Colombie-Britannique, voir entre autres le programme offert par le Capilano College, programme qui est reconnu par le Barreau de la Colombie-Britannique. En Alberta, la formation est offerte à de nombreux collèges dont Grant MacEwan College et Red Deer College.)
Pour œuvrer en français, tu devras apprendre les termes juridiques une fois rendu sur le marché du travail.
Chose intéressante, en Colombie-Britannique, un comité établi par la société du barreau (The Law Society of BC) étudie la question des rôles et responsabilités des parajuristes. Il est donc possible qu’au cours des années à venir, la profession de parajuriste en Colombie-Britannique soit davantage encadrée et définie si, par exemple, la société du barreau décide d’adopter de nouveaux règlements à cet effet.
En Alberta, il existe une association professionnelle de parajuristes qui leur impose un code de déontologie. Clique sur le lien suivant pour en connaître davantage sur cette association.
Le développement de nombreuses bases de données juridiques informatisées et l’amélioration constante des fonctions de recherche influencent fortement le travail des parajuristes. Pour pouvoir bien maîtriser les différents outils à leur disposition, ceux-ci doivent s’attendre à continuer leur apprentissage et à approfondir leurs connaissances tout au long de leur carrière.
De la même manière, les parajuristes doivent se tenir informés des changements législatifs et des décisions des tribunaux qui ont un impact important sur les droits des clients.
Parajuriste ? Pourquoi pas toi ?
Consulte cette liste de compétences-clés et apprends comment développer les aptitudes qui te seront utiles dans l’exercice de cette profession.
Le droit ne laisse pas de place à l’improvisation. Le parajuriste ne se fie pas à ses impressions lorsqu’il prépare un dossier, mais aux principes reconnus par la loi et la jurisprudence. De même, il doit limiter ses recherches au mandat qu’on lui a confié, car, dans ce domaine, il est facile de perdre son énergie à se préoccuper de détails non pertinents à la cause.
« L’enfer est dans les détails », dit le proverbe. Rien n’est plus vrai pour ce qui est du parajuriste. À titre d’exemple, aucun avocat ne voudrait se faire dire par un juge : « L’article que vous invoquez, Maître, a été déclaré invalide par la Cour suprême il y a deux ans ! » C’est le travail du parajuriste de mettre à jour tous les documents juridiques utilisés pour préparer un dossier. Et il doit être bien fait !
Le parajuriste n’est pas un « pousse-crayon » ! Il doit lire et surtout bien comprendre les décisions des tribunaux afin de déterminer lesquelles peuvent s’appliquer à la cause d’un client. Il doit être en mesure d’utiliser des concepts juridiques complexes et d’effectuer toutes les distinctions qu’une analyse rigoureuse de la loi exige.
La rédaction occupe une portion extrêmement importante du travail d’un parajuriste. Les documents juridiques doivent être rédigés de façon à être clairs et précis. Pour produire des écrits de qualité, le parajuriste doit avoir une excellente maîtrise du français ou de l’anglais écrit.