
Kan tu chat, tu tap vit : pad’temp a perdr ! mdr ;-) Quand il s’agit de transmettre un message par écrit, il y a effectivement des moments où l’on n’a pas le temps de se préoccuper de l’orthographe et de la grammaire; on doit surtout l’expédier le plus rapidement possible. Tandis que certaines langues permettent d’exprimer un mot complet avec un seul symbole, en français, on peut avoir à écrire quatre lettres (par exemple, eaux) pour exprimer un seul son (o) !
Les sténographes officiels, qui doivent transcrire par écrit tout ce qui se passe au cours d’une négociation, d’un interrogatoire hors cour ou même à l’occasion d’un procès, ont trouvé le moyen de contourner les règles habituelles de l’écriture. Ils ont créé leur propre langue écrite… qui ressemble, sans mauvais jeu de mots, plus à du chinois qu’à du français. Amateurs de codes secrets, ceci pourrait être une carrière pour vous !
Pour en savoir plus sur le rôle des sténographes officiels, consulte la fiche suivante.
La mémoire étant une faculté qui oublie et les paroles pouvant facilement s’envoler, comment fait-on pour s’assurer que ce qui a été dit au cours de divers échanges ne soit pas déformé par le temps ? On met tout par écrit ! Oui, tout. Dans le domaine judiciaire, cette tâche revient aux sténographes officiels, qui, en accomplissant celle-ci, ne peuvent se permettre de manquer un seul mot.
Tu as sûrement déjà dû prendre des notes de cours. Probablement que, pour t’aider à tout noter, ton enseignant parlait lentement, écrivait les concepts importants au tableau et était prêt à répéter une explication lorsque tu n’avais pas eu le temps de tout transcrire ou que tu avais raté un mot. Et pourtant, à ces moments-là, tu n’avais pas à noter chaque mot qui sortait de la bouche de ton prof, seulement les idées importantes ! Alors imagine à quel point le travail de sténographe officiel peut être complexe. Personne ne parle lentement pour aider le sténographe et personne ne lui écrit les mots compliqués au tableau! De plus, il ne peut pas demander aux gens de répéter leurs propos, et il doit transcrire exactement et précisément ce que chacun dit.
De nos jours, compte tenu de l’avancement de la technologie, on ne fait généralement plus appel aux sténographes pour transcrire « en direct » les paroles des personnes présentes à un procès. En effet, aujourd’hui, les salles d’audience sont habituellement équipées d’un système d’enregistrement audio (elles sont truffées de micros, autrement dit!). Est-ce que cela signifie pour autant que les sténographes n’ont désormais plus d’utilité? Pas du tout! Entre autres, les services des sténographes demeurent requis pour les interrogatoires hors cour (qui se déroulent avant le procès) ainsi que pour transcrire les cassettes audio d’un procès (lorsqu’une partie conteste la décision du juge devant une autre cour). Les avocats souhaitent souvent revoir les transcriptions pour préparer leurs contre-interrogatoires. Exceptionnellement, il pourrait arriver qu’un sténographe soit appelé à transcrire « en direct » certains procès plus informels qui ne sont pas enregistrés (comme l’arbitrage en droit du travail).
Pour réaliser son mandat, le sténographe utilise un langage spécial qui lui permet d’écrire plus vite que ne l’autorise le français écrit usuel. Il se sert ainsi de « codes phonétiques » : des symboles qui lui permettent de représenter un son oral sur papier… ou plutôt sur écran. Le vingt-et-unième siècle oblige : ordinateur avec clavier spécialisé et logiciel de transcription sont les outils premiers du sténographe. Cette informatisation accélère et améliore grandement le travail du sténographe officiel.
Voici en résumé ce que le sténographe officiel doit faire dans l’exercice de ses fonctions. Il doit ::
• se rendre à la rencontre (interrogatoire, négociation, arbitrage, etc.);
• installer son matériel;
• écouter tout ce qui se dit;
• prendre en note tout ce qu’il entend en signes sténographiques (des sténogrammes) à l’aide d’un clavier spécialisé;
• utiliser un logiciel qui transforme ce qu’il vient de taper en langage courant (c’est-à-dire en français écrit tel qu’on le connaît). Cela peut permettre, par exemple, de transmettre en direct ce qui se dit à des personnes malentendantes. Cependant, comme la langue française est très complexe (elle ne s’écrit pas toujours comme elle se prononce), cette première version devra être révisée;
• retoucher à la version finale afin de s’assurer que les notes sténographiques qu’il a prises sont bien exprimées dans la langue d’usage;
• vendre la copie finale de la transcription aux parties ou à leur avocat ou encore les remettre au juge.
La copie finale s’appelle la transcription sténographique. Il s’agit d’un document très important, puisque c’est à celui-ci qu’on donne priorité quand on se réfère aux témoignages qui y sont transcrits. À la transcription est joint un certificat, signé par le sténographe, attestant de l’authenticité de la transcription. Prenons l’exemple d’une poursuite pour atteinte à la réputation. Marika accuse son « ex » Jim d’avoir mis en ligne un site Web qui répand de fausses rumeurs à son propos. Lors d’un interrogatoire hors cour, Jim a admis avoir volontairement porté atteinte à la réputation de Marika. Le hic, c’est qu’au procès, il change son fusil d’épaule et nie avoir fait une telle déclaration. En se servant de la transcription sténographique, l’avocat de Marika pourra prouver que Jim a bien tenu ces paroles.
Pour cette raison, les parties doivent pouvoir compter sur la fiabilité, la neutralité et l’impartialité du sténographe. Quand une personne devient sténographe, elle fait le serment de toujours produire des documents sténographiques fidèles et exacts. Les sténographes officiels sont ainsi les seules personnes autorisées à produire des copies écrites officielles de ce qui est exprimé oralement au cours des procédures judiciaires.
Avant 2005, il n’existait aucune formation précise en français pour devenir sténographe officiel au Canada. Depuis cette même année, l’École de sténographie judiciaire du Québec dispense un programme d’attestation d’études collégiales (AEC) en sténographie judiciaire.
La formation, d’une durée de 2 ans, est échelonnée sur 6 sessions et comprend un stage de 45 heures. Pour plus de détails sur la formation, consulte le site de l’École de sténographie judiciaire du Québec.
Pour être admis à l’école, les candidats doivent :
- posséder une formation jugée pertinente;
- réussir un examen de français;
- passer avec succès une entrevue de sélection au cours de laquelle la concentration, l’audition, la culture générale, la connaissance de certains logiciels ainsi que la vitesse de frappe au clavier sont évaluées.
En Ontario, une fois ta formation complétée, tu pourras devenir membre de l’Association des sténographes de l’Ontario. Tu devras passer des examens administrés par cette association afin de bénéficier d’une plus ample reconnaissance de tes compétences et du titre de professionnel agrée. Pour plus de renseignements, rends-toi sur le site de l’Association des sténographes de l’Ontario. La plupart des autres provinces ont aussi des associations semblables voir par exemple l'association des sténographes de lAlberta.
Le défi de la relève se pose pour les sténographes officiels. Par exemple, en Ontario, il n’y a qu’environ 750 sténographes officiels aujourd’hui.
Les besoins actuels et futurs de la profession sont donc présents. Les sténographes officiels qui œuvrent à temps plein jouissent de très bonnes conditions de travail.
La minutie et la précision sont évidemment des qualités essentielles pour être sténographe. La fidélité avec laquelle les transcriptions sont réalisées est très importante.
Les sténographes doivent être capables d’une grande concentration, car leur attention est parfois sollicitée pendant plusieurs heures d’affilée.