Vendredi soir. Tu aimerais bien avoir la permission de tes parents de sortir plus tard que 21 h 30, l’heure de ton couvre-feu habituel. Pour prendre sa décision, ta mère :
a) en parle avec ton père;
b) analyse ton comportement des derniers jours pour savoir si tu mérites une permission spéciale;
c) te fait passer diverses épreuves physiques dans le but de démontrer la justesse de son point de vue.
Hein ?
Sache qu’au Moyen Âge, la troisième option aurait été très à la mode. En effet, lorsque les juges n’étaient pas en mesure de prendre une décision, ils avaient recours à ce mode de jugement qu’on appelait l’ordalie (le jugement de Dieu).
L’ordalie consistait à faire passer à l’accusé une épreuve physique très dangereuse pour lui. L’une des plus populaires était l’épreuve au fer rouge. On forçait l’accusé à saisir d’une main un fer chauffé à blanc, et on pansait ensuite sa brûlure. Quelques jours plus tard, on examinait la main blessée. Si la plaie guérissait bien, l’accusé était innocenté. Si sa peau s’était infectée, c’était la preuve qu’il était coupable ! Les gens croyaient que c’était Dieu qui décidait de guérir ou non la main de l’accusé. On s’en remettait donc à ce signe divin pour décider de la culpabilité de cette personne.
Aujourd’hui, les modes par lesquels on rend jugement ont heureusement évolué. Les juges prennent leur décision après avoir analysé minutieusement tous les faits, examiné toute la preuve déposée par chacune des parties et écouté les différents témoignages présentés au cours du procès. Ils s’assurent aussi que les droits des parties sont respectés, que la preuve fournie a été obtenue dans le respect de ce que la loi prévoit, quitte à se référer à la jurisprudence au besoin. Bref, ils veillent à ce que le procès soit juste envers tous. On est loin de l’ordalie, Dieu merci !
En passant, sais-tu de quoi il est question lorsqu’on parle de jurisprudence ?